Comment tout a commencé…

D’un bébé hérisson orphelin à l’ouverture d’un centre de sauvegarde

Qui aurait pensé que notre rencontre avec un bébé hérisson dans notre jardin en 2010 allait bouleverser autant notre vie et nous entrainer dans cette grande aventure qu’est la création d’un centre de sauvegarde ?

Je dis « nous », car Jérôme, mon mari, est lui aussi complètement impliqué dans ce projet.

Tout est parti de ce petit hérisson errant en plein jour dans le jardin en juin 2010. Visiblement orphelin, affamé et assoiffé. Panique. Que faire ? Comment le nourrir ? A l’époque, j’ignorais totalement l’existence des centres de sauvegarde. Après quelques recherches sur internet, je suis tombée sur le Sanctuaire des Hérissons qui m’a donné des conseils de base et ce petit a pu être sauvé et relâché le mois suivant dans notre jardin. Nous l’avons revu l’année d’après, ravis qu’il ait passé l’hiver et soit capable de se débrouiller seul.

Nous avons commencé à nous intéresser de plus près aux hérissons qui passaient dans le jardin, je me suis mise à échanger sur des forums avec quelques passionnés. Et puis un dimanche, nous avons trouvé un autre hérisson, blessé celui-là. Je me précipite sur mon ordi pour contacter un des passionnés avec lequel j’échange depuis quelques temps, et il me dit qu’il y a un « spécialiste des hérissons » à l’Ecole vétérinaire de Maisons Alfort. Ni une ni deux, nous fonçons Jérôme et moi à l’Ecole vétérinaire avec notre hérisson, et nous découvrons alors, ébahis, le Cedaf et Gilbert, le « spécialiste hérissons » indiqué par mon contact. Gilbert prend en charge le hérisson, puis de fil en aiguille, devant l’assaut de mes questions, me lance comme ça : « mais pourquoi vous ne viendriez pas faire du bénévolat au Cedaf ? On recherche des bénévoles et comme ça, vous apprendriez en même temps ! ». Je venais à peine de découvrir qu’il existait des structures pour soigner la faune sauvage et voilà qu’on me proposait d’y être bénévole ! Moi qui pensais qu’il fallait une formation spéciale pour y travailler !

Et voilà comment, depuis 2013, je suis devenue bénévole au Cedaf, essentiellement auprès des hérissons qui me passionnaient. Mais ça ne s’arrête pas là : m’intéressant à la vie du centre, je me retrouve présente à l’AG constituante de Faune Alfort, et du coup, membre du CA constitué dans la foulée. Puis membre du Bureau de Faune Alfort en tant que secrétaire.

Tout au long de ces années de bénévolat, une idée se fait jour dans mon esprit : passer ma capacité pour pouvoir m’occuper de hérissons et ouvrir un jour un centre de soin spécifique. C’est ainsi qu’au bout de 5 ans de bénévolat, forte de l’expérience acquise au Cedaf mais aussi au CA de Faune Alfort, j’ai présenté l’an dernier un dossier de demande de capacité “Hérisson européen” et une demande d’autorisation d’ouverture de centre auprès de la DDPP de l’Essonne. Mes deux dossiers ayant reçu un avis favorable, un petit centre de soin dédié aux hérissons a donc vu le jour en Vallée de Chevreuse fin 2018 !

Et tout ça grâce à ce tout petit être plein de piquants trouvé un jour d’été 2010…

(Témoignage également publié dans la revue Pics et Plumes “Spécial 25 ans” du Cedaf : https://www.faune-alfort.org/wp-content/uploads/2018/09/PICPLUMES_25ans-1.pdf )